jeudi 24 août, 2017

Madagascar : la France prise au piège de la lutte de pouvoir entre pensées politiques malgaches

Carte époque Madagascar

Sommaire

  • La France de nouveau clouée au pilori ?
  • La France fait et défait les régimes à Madagascar
  • Les trois pensées politiques qui animent la conscience politique malgache
  • Les caractéristiques de ces différentes pensées font que la « menace d’une guerre civile interethnique, que l’on agite parfois, n’est pas possible
  • La Pensée Hégémonique Merina (PHM) : « impérialiste » et anachronique
  • La pensée de la cause côtière (PCC) : victimaire et éternelle assistée
  • La Pensée Nationale et Républicaine Malgache (PNRM) : unificatrice, républicaine, mais mal définie et peu organisée
  • Madagascar : entre « pays utile » et « pays inutile »
  • Et la France, dans tout cela ? Elle devient le jeu de la pensée politique du pays « utile »
  • Néanmoins la PHM est pourtant divisée quant à la méthode adoptée
  • Nos propositions : remanier et se conformer d’abord à l’État de droit

Une fois encore l’ancienne puissance coloniale, en l’occurrence la France, semble être la cible d’attaques directes et indirectes fomentées par des entités difficilement identifiables, mais dont la signature et le mode d’action sont toujours les mêmes : faire de la France le bouc émissaire désigné – parfois à tort, parfois à raison – quand Madagascar s’enlise et fait face à des troubles sociopolitiques.

La France de nouveau clouée au pilori ?

En 2002 déjà, les accusations sur l’implication présumée de la France dans les affaires internes de Madagascar avaient atteint leur paroxysme et s’étaient muées en un rejet massif, coordonné et soutenu par une idéologie ultra nationaliste, voire xénophobe et ségrégationniste, elle-même inspirée de l’ouvrage de référence qu’incarne le « Valinkitsaka » [1].

Pour résumer, ce brûlot fait l’apologie de la pensée et des préceptes édictés par le roi Merina Andrianampoinimerina qui aurait voulu que son royaume et son pouvoir n’aient de limite que la mer [2], ce qui supposait déjà à l’époque, qu’il domina géographiquement, politiquement, économiquement et socialement toutes les autres ethnies de Madagascar, notamment ceux qui ont été affublés du sobriquet de « côtiers ». Bien que réfutés et minorés par ceux qui épousent cette idéologie au relent extrémiste, les préceptes de cet ouvrage ont, en grande partie, servi de ciment et de motivation puissante [3] à l’accession brutale et violente de Marc Ravalomanana au pouvoir en 2002.
Cependant, il faut croire, qu’à un moment ou à un autre, l’édifice finit toujours par se lézarder et les convictions de se diluer ou de se confronter au paradoxe de l’abus de pouvoir du leader désigné [4] qui, à cause de l’idéologie qui a animé son ascension, finit par reproduire immanquablement les mêmes travers que ceux dénoncés quand il s’agissait de mettre en exergue et de rejeter les pratiques des colonisateurs, dont la France, symbole et référence incontestée.

Une fois Marc Ravalomanana – considéré comme un anglophile et américanophile invétéré, et pour cause – démit de ses fonctions et débarqué en 2009, son successeur Andry Rajoelina a immédiatement rejoint le giron de la France, et de péripétie en péripétie – c’est-à-dire du soutien indéfectible jusqu’au lâchage en règle –, il a tout de même pu perdurer au pouvoir cinq années durant, dans une relative impunité et sans avoir été élu, avant que ne lui soit asséné le coup de grâce, symbolisé par le refus catégorique à lui opposé pour sa candidature aux élections présidentielles de décembre 2013.

La France fait et défait les régimes à Madagascar

Dans l’histoire politique de Madagascar, la France a été omniprésente et on lui prête même le pouvoir de « faire » et de « défaire » les régimes à Madagascar.

Même si ce postulat est plus ou moins discutable, il n’en demeure pas moins que, parfois, trop sûre d’elle et du pouvoir dont on l’affuble, la France a été – sans qu’elle s’en aperçoive ou tout du moins, sans qu’elle puisse faire autrement – souvent manipulée par ce qu’on peut appeler la « Pensée Hégémonique Merina », outil et stratégie essentielle à la réussite du système de domination élaboré par les concepteurs et les adeptes de cette pensée.

Les trois pensées politiques qui animent la conscience politique malgache

On peut identifier au moins trois sortes de « pensée politique » [5] qui influent sur la conduite des affaires nationales.

1/ La Pensée Hégémonique Merina (PHM) dont l’obédience la plus active est celle qui s’inspire du Valinkitsaka. Généralement anglophiles, on y trouve également des francophiles qui appartiennent ou adhèrent, pour les membres les plus élevés, à toute sorte d’entités plus ou moins secrètes ou significativement élitistes comme la franc-maçonnerie ou des associations comme le Rotary Club et tout ce qui a plus ou moins attrait à la culture du « leadership » à l’anglo-saxonne. Autant de concepts importés, en partie seulement assimilés et compris, et qui servent par à coup les intérêts et les visées des uns et des autres.

2/ La Pensée de la Cause Côtière (PCC) qui regroupent des éléments qui s’estiment frustrés des agissements et surtout de l’hégémonie envahissante de la PHM. Ils prétendent généralement défendre la cause des « victimes côtières », mais dans le fond, ils ont la même intention hégémonique que le PHM, sauf qu’ils n’osent pas l’avouer et n’en ont souvent pas les moyens, ni matériels ni intellectuels.

3/ La Pensée Nationale et Républicaine Malgache (PNRM) à laquelle adhère la majorité des Malgaches, mais qui, paradoxalement, n’est pas incarnée par une entité structurée, même si elle est souvent le dernier recours quand les limites sont atteintes et que le chaos est sur le point d’emporter le pays.

Les caractéristiques de ces différentes pensées font que la « menace d’une guerre civile interethnique, que l’on agite parfois, n’est pas possible

La PHM ne cache certes pas ses velléités hégémoniques et la PCC n’a pas peur d’afficher son opposition parfois brutale vis-à-vis du PHM, sauf qu’aucune confrontation sérieuse pouvant déboucher sur une guerre civile motivée par l’origine ethnique n’est possible pour au moins deux raisons. D’abord, il s’agit d’une « pensée politique » (et non l’incarnation physique d’une entité ethnique, quelle qu’elle soit), au sens que toutes les ethnies peuvent se retrouver dans les trois pensées, selon les circonstances et suivant les intérêts que les uns et les autres poursuivent sur le moment. Ensuite, la PNRM (Pensée Nationale et Républicaine Malgache) est cette pensée qui transcende de manière ferme, lorsque l’une ou l’autre entité dépasse les bornes et risque de mettre l’ensemble de la nation en péril.

De plus, le clivage côtier/Merina dont parlent les ouvrages engendre un problème d’interprétation dès lors qu’on parle en terme « d’ethnie » (cela induit automatiquement en erreur). Le clivage en question est un clivage de « pensée politique » sans distinction d’ethnie, mais, au contraire, toute ethnie confondue.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les différents processus de réconciliation nationale d’inspiration purement politicienne, entamés, mais jamais aboutis, ne trouvent que peu d’adeptes, car ce ne sont pas les entités physiques et ethniques qui s’affrontent dans la lutte pour le pouvoir, mais toujours les deux « pensées politiques » rivales : la PHM et la PCC. Ces deux pensées prédominent, tout simplement parce que la PNRM est à la fois mal établie et mal structurée et, donc, ne constitue pas une force capable de s’interposer et de s’imposer durablement entre les deux pensées politiques rivales, pourtant à la source de tous les problèmes de Madagascar.

À noter que depuis l’indépendance de Madagascar en 1960, c’est la pensée PHM qui imprime sa marque sur l’échiquier politique moderne, car elle anime le plus grand nombre des élites. La PCC, elle, n’a pas assez d’adeptes et pèche par son déficit en termes de philosophie, de cadres et de personnels politiques. Tout comme il lui arrive également, une fois au pied du mur et sans autre alternative, de faire des raccourcis brutaux, notamment en adoptant, à son tour, une posture xénophobe. Tout cela contribue à en faire une pensée peu séduisante pour l’opinion, car peu homogène, instable et pas assez ancrée et riche idéologiquement.

La Pensée Hégémonique Merina (PHM) : « impérialiste » et anachronique

Rusée et fin stratège, la PHM a nourri et motivé les dirigeants Merina dès l’époque de Radama (1793-1828). Ce roi de l’Imerina et ses différents successeurs ont su structurer et étendre leur domination politique et idéologique grâce notamment au soutien, à la bienveillance et à l’encouragement des étrangers, Anglais notamment, alors installés dans l’île pour des raisons principalement économiques, mais surtout dans un objectif d’évangélisation, sources de discordes avec les missionnaires Français, majoritairement jésuites, qui eux aussi poursuivaient la même mission. La rivalité entre « catholiques » et « protestants » est aujourd’hui encore utilisée à des fins politiques.

Cependant, l’objectif de domination complète de la PHM sur toute l’île ne s’est jamais réalisée du fait justement de la France qui, à un moment de l’histoire, a mis un terme brutal à cette tentative hégémonique en prenant l’entière possession de Madagascar, en dépossédant en partie les dirigeants Merina de leur pouvoir, de l’administration et des autres moyens matériels de ce pouvoir.

Paradoxalement, les Anglais pourtant fortement implantés dans l’île et bien introduit auprès des dirigeants Merina ne se sont pas opposés frontalement au processus de colonisation entrepris et réalisé par la France. Au contraire, on peut même parler d’entente tacite, légalisée et entérinée par la suite à travers différents traités [6].

Cependant et jusqu’à nos jours, la PHM en fait une lecture différente, en refusant de reconnaître que même aux yeux des Anglais – qu’ils imaginaient être leur allié fidèle – leurs dirigeants et leurs élites ne valaient finalement pas plus que ce que les Français en pensaient eux-mêmes.
Cependant et pour nourrir la flamme d’un nationalisme et d’un expansionnisme désuet et pour soulager la rancœur de n’avoir pas pu achever l’œuvre de domination entière et totale du territoire, la PHM continue de monter en épingle la responsabilité de la France dans l’échec de ses velléités totalitaires stoppées net par la colonisation et la domination de la France qui devint alors le nouveau maître incontesté de Madagascar.

Vaincue en 1896, politiquement décapitée en 1947, la PHM n’a depuis cessé de jurer de se venger coûte que coûte de la France. Elle en a fait quasiment sa raison de vivre et d’être. Adoptant une posture victimaire, elle n’hésite pas à exprimer ouvertement sa haine quand la situation politique a tendance à échapper à son contrôle. Elle active alors son idéologie xénophobe et s’en prend tous azimuts aux intérêts de son ennemie héréditaire. Malheureusement, c’est ce comportement et la pérennisation de cette idéologie passéiste qui empêche Madagascar de s’unir et de jouir des vertus d’un « vivre ensemble » effectif.

Par exemple en 1995, le palais de la Reine a été brûlé par les adeptes de la PHM dans le seul dessein de créer un sursaut à Antananarivo, fief historique et emblématique. Enferrée dans la logique de l’histoire, la PHM visait à faire du 100e anniversaire de sa chute (en 1896), un prétexte pour reconquérir le pouvoir. Mais son candidat de l’époque, Norbert Lala Ratsirahonana, échoue aux élections de 1996. Il a fallu attendre 2002 pour que Marc Ravalomanana accède au pouvoir et la PHM renaître véritablement de ses cendres, de manière pleine et entière en s’accaparant enfin et de nouveau du pouvoir politique dans sa totalité. Sauf que ses idéaux racistes et ses mensonges finissent tôt ou tard par transparaître et le perdre.

Il faut noter qu’il n’y a pas que les Merina qui sont séduits par la pensée PHM, mais également beaucoup de côtiers qui, en l’adaptant à leur propre besoin, usent de cette pensée politique pour établir des baronnies locales et/ou de s’enrichir facilement, au grès du système politique discriminatoire sur lequel repose également ladite pensée politique.

La pensée de la cause côtière (PCC) : victimaire et éternelle assistée

La conception sur laquelle repose la pensée de la PCC est dès le départ erronée, sinon fautive. Le fait de se déclarer « cause côtière » est d’abord en soi exclusif, et ensuite faux, parce que la notion de « côtier » n’existe pas réellement, même si la France coloniale s’en est servi pour désigner les groupes d’individus et les ethnies qui peuplent les différentes régions côtières de Madagascar.

Pire, la cause côtière étant exclusive, elle cherche donc à ne défendre qu’un clan bien défini, le sien, et peut s’en prendre aux autres, ceux qui n’en font pas partie. Par nature, cette logique revancharde est vouée à l’échec.

Sauf que la cause côtière s’est beaucoup appuyée sur le soutien de l’étranger, en l’occurrence la France (qui en fit un outil et une stratégie pour contrebalancer l’hégémonie inquiétante et dangereuse de la PHM), pour se structurer et mener son combat. De ce fait, elle a été habituée à être assistée, avec pour conséquence que ses adeptes n’ont jamais vraiment appris à réfléchir ni à agir par eux-mêmes, mais se sont complu dans le statut d’assistés, dans lequel leur protecteur les avait habitués et assigné. Au bout du compte, la pensée PCC n’a jamais réussi à s’imposer sur l’échiquier politique sans aide extérieure. Une fois privés de cette aide, ceux qui en avaient bénéficié périclitent et disparaissent momentanément ou définitivement de la scène politique.

Depuis l’indépendance en 1960 jusqu’en 2002, ce sont les candidats appelés « côtiers » qui s’affichaient comme leaders et incarnaient l’alternative à tout chef d’État alors en poste. Les candidats Merina se faisaient rares et étaient tous fantaisistes. Depuis 2002, c’est l’inverse qui se produit. Cette fois-ci, ce sont les candidats côtiers qui sont devenus fantaisistes et les candidats Merina incarnent dès lors l’alternative.

Une autre caractéristique de la PCC est d’accuser systématiquement – souvent à tort – les Merina (ethniquement parlant, ce qui est une erreur, au lieu d’attaquer la pensée, la PHM) d’être la cause du malheur des Malgaches. Ce qui est souvent faux. Le débat puis ensuite le vote sur la loi de décentralisation au sein de l’Assemblée nationale il y a à peine quelques jours est une preuve patente de cette erreur d’appréciation [7]. Bien que majoritaires en nombre, les députés issus des régions dites « côtières » se sont distingués par leur effacement, leur silence et leur manque d’argument et de proposition. Ils se sont contentés de voter les textes tels des moutons, alors même que les députés issus de la région d’Antananarivo ont fait des pieds et des mains pour empêcher la balkanisation de la Capitale comme l’aurait voulu l’exécutif. Fort de cet engagement sans faille, ces députés ont réussi, malgré leur minorité, à faire reculer le gouvernement.

Non contents de ne servir à rien, de ne pas défendre ou si peu les intérêts de leurs électeurs et concitoyens, les adeptes de la PCC n’ont que très rarement eu l’idée de se préparer à gouverner. Il n’est pas non plus dans leur culture politique de préparer et de former de futures élites. Une fois au pouvoir, leur priorité est de se livrer au 3V [8], loin très loin des responsabilités d’hommes publics et de responsables politiques que leur ont confiées, via l’onction des urnes, les populations dont ils deviennent désormais les représentants au niveau central, c’est-à-dire dans le fief de la PHM. Alors que la PCC passe son temps à s’adonner au dévergondage, la PHM met tout son savoir et son énergie à préparer ses élites, à conquérir, à s’accaparer et à garder le pouvoir, sous certaines limites cependant.

En effet et bien qu’il est démontré que la PCC n’est pas ce qu’on peut dire une pensée capable de se développer et de changer la donne, il est une autre évidence que la PHM est une pensée dont les limites intellectuelles sont également figées, dans le sens que passé un certain cap, elle est incapable de se dépasser, d’aller au-delà de ses dogmes qu’elle répète à l’infini sous des variantes qui n’apportent finalement rien de nouveau.

À noter que puisque le terme « côtier » n’est qu’une définition géographique, les adeptes de cette pensée politique se trouvent dans toutes les ethnies confondues.

La Pensée Nationale et Républicaine Malgache (PNRM) : unificatrice, républicaine, mais mal définie et peu organisée

Cette pensée politique que l’on peut qualifier d’universelle, dans le sens qu’elle anime généralement les systèmes politiques les plus stables de par le monde, et basé sur des valeurs démocratiques, républicaines et progressistes, est également la nôtre.

Certes, elle n’est pas parfaite et divers courants s’y opposent parfois, mais toujours est-il que c’est celle qui a permis les plus grandes avancées politiques, sociales et économiques parce qu’elle permet aux sociétés humaines qui l’adoptent de garantir une stabilité politique et une paix sociale, de favoriser le progrès et le développement, tout comme elle permet aux individus de s’épanouir et de s’émanciper, de donner un sens à leur existence au sein d’une société où tout le monde aurait enfin sa place.

Dans le contexte malgache, cette pensée s’appuie au moins sur quatre principes fondamentaux :

(1) Celui d’admettre que l’identité malgache est le fruit d’un brassage ethnique unique de par le monde [9], car riche de divers apports : Africain [10] [11], Asiatique [12] [13], Arabe [14] [15] [16], Indien [17] [18] [19] [20] [21] et Européen [22] [23]. Les Malgaches n’ont pas une origine unique [24] [25], par conséquent et dans la logique, les divisions qui se font sur une base ethnique, géographique et culturelle qui minent la société malgache, n’ont pas leur raison d’être. Au contraire, il est grand temps de construire et de faire aboutir la nation malgache fière de cette richesse unique, faite de pluriethnicité [26] et de pluralité des origines.

(2) Celui d’admettre que seule « l’unité » du peuple malgache l’aidera à se développer et à se surpasser. Le « vivre ensemble », fondé sur l’égalité des chances basée sur des principes républicains, est la seule condition qui aidera le pays à avancer dans la bonne direction. En ce sens, que le fihavanana ne doit pas être qu’un slogan politique, mais une façon de vivre : la volonté de communauté qui ne cherche pas à exclure, mais à s’enrichir des apports des uns et des autres, qu’ils soient étrangers ou locaux.

(3) Celui de considérer qu’aussi bien l’hégémonie anachronique que la cause côtière sont des pensées politiques passéistes, rétrogrades, improductives, réductrices, sans issues pour la société qu’elles voudraient dominer et qui n’engendrent que des complexes pareils à celui de « Caïn », terreau propice à un suicide collectif, au chaos et à la déshérence.

(4) Enfin, celui de croire que la cause de notre malheur c’est d’abord, nous-mêmes, nos divisions internes, avant d’incriminer les étrangers que nous avons l’habitude de désigner. Ces étrangers ne peuvent rien faire sans notre accord. C’est donc à nous d’exorciser nos propres démons avant de prétendre exorciser le diable étranger que nous accusons sans cesse.

Par conséquent, il est temps de donner plus de considération à cette pensée universelle. Il est temps que la France, et plus généralement la Communauté internationale, comprenne que les Malgaches sont également capables de cette pensée universelle. Il est temps d’arrêter de se satisfaire et d’encourager les postures politiques qui se drapent de cette pensée, mais qui une fois les rênes du pouvoir entre les mains, revêt immanquablement soit la pensée PHM, soit la pensée PCC ou un mixte des deux. Certes, la PHM et la PCC sont une spécificité malgache et que l’ingérence a ses limites, même dans un contexte mondialisé, cependant, si l’on doit faire le bilan de ces deux pensées, il faut se rendre à l’évidence que Madagascar n’a pas avancé d’un pouce depuis que celles-ci dominent la société. Bien que le terme soit fort, il est temps d’imposer une « rupture » totale, d’abord pour le bien de Madagascar et des Malgaches, et ensuite pour le bien des rapports qu’entretiennent les étrangers avec Madagascar, cela dans tous les domaines, que ce soit d’ordre politique, économique, social ou culturel. Personne n’a rien à gagner du statu quo.

Ceux qui sont animés par cette pensée sont des Malgaches toutes ethnies confondues. C’est la preuve que la pluriethnicité et la pluralité des malgaches n’est pas un mythe, sauf que l’on doit lui donner sa chance et qu’elle s’en saisisse.

Madagascar : entre « pays utile » et « pays inutile »

Depuis 2002, la PHM a réinvesti le champ politique et règne quasiment sans partage. La PCC est réduite à peau de chagrin, vaincue, et la PNRM peine toujours à s’imposer correctement sur l’échiquier politique malgré le fait qu’elle soit une réflexion politique majoritaire dans l’opinion publique.

La PHM a fini par créer une situation inédite depuis l’indépendance de Madagascar : faire d’Antananarivo, la Capitale, le « pays utile », et de toutes les autres régions « le pays inutile ». Si la Capitale tousse, tout s’arrête. Si dans le pays « inutile » des troubles parfois sanglants éclatent et mettent en danger l’unité et les bases de la société ; puisqu’il s’agit d’une situation lointaine, géographiquement parlant, on dit que ce ne sont que de simples faits divers. À peine si ceux-ci suscitent l’inquiétude ni même l’émotion. Au contraire, ces faits divers alimentent d’autant la manipulation des adeptes de la PHM pour renforcer leur propre emprise sur le pouvoir qu’ils veulent être perçus, dans l’imagination populaire, comme vertueux et dépourvus d’instinct sauvage. Ce qui, par ailleurs, est parfaitement faux sachant l’entrain parfois débridé qu’ils mettent à défendre leurs intérêts et leurs acquis.

La France et plus généralement la Communauté internationale tombent dans le même piège, comme cela leur arrive dans les autres pays en crise : par exemple en République du Congo, le pays « utile » est Kinshasa, et le reste « inutile » livré à une guerre civile depuis des décennies. De même en Centre-Afrique, seul ce qui se passe dans la capitale Bangui inquiète la Communauté internationale, et on laisse aux ONG et autres organisations humanitaires le soin de gérer le quotidien des autres régions, quand ce ne sont pas des intérêts économiques, locaux et étrangers, peu avouables qui contribuent au pillage des ressources naturelles en profitant du chaos politique. De même au Mali avec Bamako comme capitale, ou encore en Côte-D’Ivoire avec la capitale Abidjan, etc.

La Communauté internationale semble ne voir en Madagascar que le « pays utile » Antananarivo. Le sort de Ravalomanana, de Rajoelina, et de Rajaonarimampianina est plus important que celui des 22 millions de Malgaches qui ne sont finalement que des données statistiques utiles pour élaborer des rapports puis des projets qui au final n’améliorent en rien la vie quotidienne de la population. Certains diront que c’est peut-être le but recherché, mais pour quelle finalité et quel gain ?

Et la France, dans tout cela ? Elle devient le jeu de la pensée politique du pays « utile »

La PHM qui a réussi à scinder le pays en une partie « utile » et une autre « inutile » règne sur l’échiquier politique et se livre à une lutte pour le pouvoir sans merci entre les différentes factions et obédiences.

Pour cela, la PHM pratique son jeu favori : abuser de l’ignorance de la Communauté internationale qu’elle s’emploie à diviser et à mettre en concurrence dans le seul but de servir ses propres intérêts. Pour en arriver là, la PHM prend soin d’infiltrer et de se mêler aux différentes entités étrangères qu’elle s’emploie à manipuler par la suite. La France n’y échappe pas et bien qu’elle s’en défende, se fait piéger à son propre jeu.

Marc Ravalomanana, d’obédience anglo-saxonne a perdu son pouvoir au profit d’Andry Rajoelina d’obédience francophile. Face à l’effacement et l’impréparation suffisante des éléments de la PCC et au peu de place donné à la PRNM pourtant la plus active dans la lutte, la France n’avait pas d’autre choix que de soutenir Andry Rajoelina. Dans le même temps, la PHM avait fini par verrouiller l’échiquier politique, car malgré les dissensions internes, son but ultime, celui qui anime l’ensemble des adeptes de la PHM, est de se réapproprier le pouvoir dans sa totalité, ce qui fut fait en 2002. On peut donc dire que la chute de Marc Ravalomanana n’était finalement qu’un accident de parcours, mais la finalité est de garder le pouvoir au profit de la PHM. La France crut bien faire en soutenant « officieusement » Andry Rajoelina cinq années durant, alors même que le niveau n’y était visiblement pas et n’y est toujours pas.

L’élection de Hery Rajaonarimampianina à la présidence suivie par l’élimination de Rajoelina qui l’a fait roi, a changé la donne, mais a surtout compliqué la position de la France, et aussi la situation du pays, car les intérêts de Ravalomanana et de Rajoelina, tous deux évincés, se rejoignent en faisant de la France l’ennemi commun, celui dont il faut affaiblir l’emprise pour mieux atteindre et abattre Hery Rajaonarimampianina, considéré entre-temps, à tort ou à raison comme le nouveau poulain de l’ancienne puissance coloniale.

Pour ne pas arranger les choses, le nouveau président s’est entouré de collaborateurs qui sont tous liés à la France. Son premier ministre est métis (qu’il soit Suisse ou autre, pour les Malgaches, un métis Européen, c’est un métis Français). Son cabinet est dirigé par l’arrogant franco-Malgache Henry Bari-Njaka. Les arcanes du régime sont trustés par les anciens du CEDS (Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques) dont la tendance francophile n’est un secret pour personne. Bref, tout ce qui se rattache à la présidence de Hery Rajaonarimampianina semble porter l’empreinte de la France. Il ne reste dès lors qu’à utiliser ces faits pour fournir des arguments et mener la charge.

Il n’est donc pas anodin si les ressortissants français sont la cible désignée des bandits ; il n’est pas étonnant si c’est la France qui est visée dans ce mouvement de grève qui secoue Air Madagascar, alors que le déclassement dans l’annexe B est une décision de l’Union européenne. Les stratèges politiques de la PHM en sont conscients, mais ils savent aussi que l’opinion publique aura vite fait de faire l’amalgame.

À cela s’ajoutent les nombreux foyers de tension constatés dans l’île dont on dit qu’ils sont organisés et pilotés en sous-main. Quant au pillage des ressources naturelles qui, comme par hasard, se trouvent exclusivement en province, donc chez les « côtiers », il continue sans que les élites de la PCC ne s’en offusquent et pour cause, nombreux en font une source de revenue lucrative tout en bénéficiant d’une immunité arrogante. C’est là un exemple de la faillite et la preuve de l’asservissement de la pensée de la PCC qui a également fait sienne la corruption de la population et de l’opinion publique des provinces qu’elle tient à sa merci, manipule et anesthésie intellectuellement. Le « pays inutile » joue donc bien son rôle puisque ces élites ont trouvé de quoi s’occuper, non pas dans la défense des intérêts des populations qu’ils représentent, mais de leurs intérêts personnels, encouragés par les stratèges de la PHM qui eux, et dans le même temps, sont occupés à déstabiliser le « pays utile » dans une véritable lutte pour le pouvoir.

L’objectif de ceux qui attaquent la France est donc simple : affaiblir le président Hery Rajaonarimampianina, en tout cas faire en sorte que le « pays utile » devienne « ingouvernable » ce qui facilitera et précipitera sa chute.

Néanmoins la PHM est pourtant divisée quant à la méthode adoptée

Cependant, l’obsession à vouloir créer coûte que coûte le chaos à travers cette attaque en règle contre les intérêts français sinon contre les ressortissants français eux-mêmes, ne plait pas à tout le monde, dont à une partie de ceux qui adhèrent à la PHM, car ceux-ci savent que plonger Madagascar dans le chaos ne sert absolument pas leurs intérêts. Reste à savoir laquelle des obédiences sortira vainqueur de ce énième épisode d’une lutte finalement stérile pour le contrôle du pouvoir, sachant que si le président reste ou non au pouvoir, malgré son incompétence et celle de son équipe, ou qu’il chute, ces deux éventualités demeurent un risque grave pour Madagascar.

Nos propositions : remanier et se conformer d’abord à l’État de droit

Notre priorité est de préserver les intérêts supérieurs de la nation et d’éviter que Madagascar ne sombre une nouvelle fois dans le chaos. Par conséquent, il doit être mis un terme à cette lutte pour le pouvoir entre clans et factions opposés qui n’a d’autre ambition que purement politicienne.

Nous réitérons donc nos propositions et interpellons le régime afin qu’il change de cap. Dans ce but, il doit prendre rapidement les décisions suivantes :

1. Remanier le gouvernement actuel, il n’y a plus lieu de tergiverser. Nous avons proposé des pistes à cet effet.
2. Dissoudre l’Assemblée nationale qui n’est pas à la hauteur des enjeux, source infinie d’instabilité puisque minée par une corruption honteuse et indigne. La dissolution de l’Assemblée nationale permettra de recourir à un référendum constitutionnel pour que le pays puisse se mettre en conformité avec l’État de droit.
3. Soulever de manière sérieuse la possibilité du retour de tous les exilés conformément aux principes universels des droits de l’homme et des libertés.
4. Recadrer ou écarter toute personne qui abuse de leurs prérogatives sans que la loi ne l’autorise, notamment celle qui gravite dans le cabinet présidentiel ou toute instance de l’exécutif.
5. Procéder dans les plus brefs délais à des états généraux de l’économie pour rassurer les acteurs de ce secteur et leur donner une orientation claire.

Ce n’est que de cette façon que nous pouvons entamer un processus basé sur la « confiance », non seulement vis-à-vis de la communauté internationale, mais surtout vis-à-vis de nos concitoyens qui s’inquiètent chaque jour un peu plus de la tournure des événements.

[1] Valinkitsaka qui signifie en malgache « revanche » est un brûlot des ethnocentristes Merina qui revendiquent comme origine le peuple « asiatique » (Malais) et qui considèrent les autres peuples de Madagascar (notamment ceux qui ont des caractéristiques négroïdes – les Mainty – pourtant la majorité des malgaches) comme étant des descendants des esclaves africains. Cette idéologie raciste prétend que Madagascar est asiatique et que leur ethnie doit dominer tout le peuple de Madagascar, notamment les noirs qu’ils réduisent volontairement au rang des esclaves africains. Le valinkitsaka étant un exemple flagrant de ce révisionnisme primaire : Cf. Dominique Dumont, Décembre 2008, Leçons d’un débat avec des ethnonationalistes Merina. Effectivement, Le Mainty (à ne pas confondre avec les esclaves) désigne dans la société mérina du XIXème siècle un groupe particulier caractérisé par son affinité avec le souverain, les serviteurs royaux », selon CHARLES RAYMOND RATONGAVAO dans « La résurgence de l’esclavage au sein du clergé catholique malgache : le cas de Tananarive, 1925 à 1960, page 130. Par ailleurs, le Mainty désignerait également les 3 groupes noirs d’anciens esclaves affranchis de l’Imerina du XVIIIè et du XIXème siècle : Les MANISOTRA (esclaves noirs au service d’une épouse du roi ANDRIAMASINAVALONA), les MANENDY (les esclaves captifs issus du clan Sakalava), et les TSIARONDAHY (esclaves noirs affranchis par le roi ANDRIANAMPOINIMERINA).

[2] Tel semblerait être le testament d’Andrianampoinimerina à son fils Radama. Pourtant, au vu de l’antériorité de cette déclaration, les adeptes de Valinkitsaka, s’insurge à imposer encore une telle idéologie sur l’ensemble de la population malgache, et cela au 21ème siècle. Comme si, actuellement, et toute proportion gardée, les descendants d’Alexandre Le grand, ou encore de César, ou ceux d’Attila le Hun (le barbare) voire Gensis Khan, etc, chercheraient à imposer au monde contemporain et actuel les idéologies de leurs aïeux. Nous mesurerons ainsi l’absurdité d’une telle conviction suicidaire qui anime une certaine pensée politique à Madagascar.

[3] Charlotte Rafenomanjato, 2003, Ravalomanana Marc : De président de la rue à Président du Palais » – Tome 1.

[4] Charlotte Rafenomanjato, 2006, Ravalomanana Marc : De président de la rue à Président du Palais » – Tome 2. Ce deuxième Tome n’a pas pu être publié faute d’éditeur. Cependant, son auteur, feu, Madame Charlotte Rafenomanjato, avait pris soin de le publier sur internet grâce à quoi nous avons pu nous procurer une copie.

[5] Nous entendons par « pensée politique », à la fois l’idéologie d’un régime donné et les moyens ainsi que les méthodes qu’il met œuvre pour l’exprimer. Une pensée politique est « Une action politique fondée sur une conception du monde, de l’homme, de la société, de l’histoire ». Cf. Edgar Morin, 2012, La voie : pour l’avenir de l’humanité, Pluriel, pg 67.

[6] Lors de la conférence de Berlin, 1885, les Anglais, supposés alliés du royaume Merina, ont accepté de laisser la France coloniser Madagascar.

[7] Tanjona.org : « La loi sur la décentralisation : les députés des régions connaissent-ils au moins leurs rôles » ?

[8] Les 3V sont l’ « Argent » (Vola), l’honneur (Voninahitra) et la luxure (Vody). Cf : Madagasikara-soa.com.

[9] RAZAFINDRAZAKA HARILANTO, Thèse de doctorat : « Le peuplement humain de Madagascar : Anthropologie génétique de trois groupes traditionnels ». Université de Toulouse, 2011.

[10] G.FERRAND (1910, Pg. 319-321) cité par OTTINO dans « Le Moyen-Âge de l’océan Indien et le peuplement de Madagascar », 1974, p. 209.

[11] MICHEL MILLAT DU JOURDIN : « Les contacts historiques de l’Afrique et de Madagascar avec l’Asie du sud et du sud est : le rôle de l’Océan Indien ». In archipel ? Volume 21, 1981, pp.35-53.

[12] BEAUJARD Philippe : « Les plantes cultivées apportées par les premiers migrants austronésiens à Madagascar ». CEMAf. Paris I.

[13] PIERRE SIMON : « Les langues des ancêtres – Ny Fitenin-drazana – : Une périodisation du malgache de l’origine au XVè siècle » – L’Harmattan, 2006 ».

[14] À l’origine du commerce des arabes avec la côte orientale d’Afrique et l’Inde, était les Yéménites (en début de notre ère). Ils ont été supplantés par les Arabes d’Oman, appuyés par leurs voisins perses, vers le Vè siècle. Cf. Le Périple de la Mer Erythrée, de FREEMAN-GRENVILLE, 1966, cité par OTTINO.

[15] AFINDRADREMITAMBAHOAKA MARSON : « Les sultanats musulmans à Madagascar : la filiation de la civilisation des échelles commerciales arabes et la survivance islamique dans certaines royautés malgaches ». Thèse de Droit, 2007. In Bulletin d’information sur la population de Madagascar, N° 35, février 2008.

[16] RABEDIMY Jean François : « Vintana – Andro : Le destin et les jours ». Thèse de Doctorat de 3è cycle, 1980. Orstom.

[17] D.G KESWANI disait : « C’est essentiellement à partir des ports occidentaux de l’Asie du Sud-est et par l’intermédiaire d’Indiens ayant ouverts des comptoirs, auxquels ils avaient donné des noms d’indiens, dans la péninsule et l’archipel malais, que les produits de l’Inde, et avec eux sa culture, ont pénétré pacifiquement mais largement, profondément et définitivement en Asie du Sud-Est ».

[18] S.ZABOROWSKI : « A propos de l’origine sondanienne des malgaches », In Bulletins et Mémoires de la société d’anthropologie de Paris, V° Série, tome 8, 1907, pp.162-165 ; et PAUL OTTINO, « La Hiérarchie sociale et l’alliance dans le royaume de Matacassi des XVIè et XVIIè siècles ». In Bulletin Aremi, vol IV, N°4, 1973. pg.54.

[19] P.OTTINO : « Le moyen-age de l’océan Indien et le peuplement de Madagascar » (1974) : Une immigration survenue entre le VIIIè et XIIè siècles, ils sont supposés provenir du Nord Indien, des « blancs ».

[20] RAZAFINDRAZAKA HARILANTO, op. cit. Page 242.

[21] TAMIM KARIMBHAY : « Les indiens de Madagascar, les Karany de Nosy Bé dans l’Histoire maritime de l’océan indien ».

[22] Les Européens découvrent Madagascar dès l’arrivée des portugais au 16ème siècle. Puis, les hollandais, les anglais ainsi que les français.

[23] Le contact de la population d’Anosy avec les Européens a contribué à l’européanisation d’une partie de la population malgache du sud. Surtout, la présence de Pirates sur la côte Est et Nord-Est de Madagascar (en XVIè siècle) a favorisé le mélange de la population malgache avec les europoïdes. C’est de ce contact des femmes malgaches avec ces Pirates que naissent les « zana-malata ». Un groupe de métis qui allait façonner par la suite l’histoire de la côte Est de Madagascar quand Ratsirmilaho, fils du pirate écossais, Thomas White, créa la confédération des Betsimisaraka, une des plus grandes tribus de Madagascar qui occupent aujourd’hui la côte orientale de l’île.

[24] CAPREDON MELANIE : « Histoire biologique d’une population du sud-est malgache : Les Antemoro ». Thèse de doctorat, discipline Anthropologique génétique. 25 novembre 2011, Université de La Réunion.

[25] RAZAFINDRAZAKA HARILANTO, op. cit.

[26] Voir la conception de l’identité rhizome d’Edouard Glissant : « C’est la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs éléments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, avec pour résultante une donnée nouvelle, totalement imprévisible par rapport à la somme ou à la simple synthèse de ces éléments ».

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A propos de l'auteur

Parfois freelance, souvent autodidacte, résolument indépendant, je suis passionné par les relations humaines, la politique et les nouvelles technologies que je conçois comme un outil et un vecteur d'émancipation.

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3 Comments

  1. Todizara

    L’énervement de Rakaizer trahit sa nudité intellectuelle car témoigne de la véracité ainsi que de la pertinence de l’article.

    Oui, le conflit de ces deux têtes de la pensée politique qui façonne le mode de gouvernance à Madagascar demeure le point focal du blocage de la société malgache, de l’hibernation intellectuelle de ses élite, et donc la pauvreté de sa population.

    En l’an 2015, la pensée politique malgache est encore enferrée à une telle conception politique. C’est ce qui pousse nombreux scientifiques à évoquer ce qu’il appelle « l’énigme malgache », et qui explique, surtout, le « paradoxe » (pays riche/population condamnée à la pauvreté). Nier cette évidence relèverait de la politique de l’autruche, comme rakaizer tente de faire car il se sent, surement, visé – ce qui est dommage, car le déni ne règle aucun problème, au contraire, il le perpétue – par l’une ou l’autre pensée politique.

    Le coup d’Etat de 2009 a été rendu possible grâce à la convergence de quatre points: dont deux éléments endogènes: 1/ l’émergence du dynamisme contestataire interne (incarné par Rajoelina soutenu par une grande partie de la cause côtière – la vidéo Ratsiraka en est l’élément déclencheur; par une partie de la pensée hégémonique merina humiliée par celle qui soutenait Ra8); 2/ le suicide politique de Ra8 (son arrogance et son aveuglement) et deux éléments exogènes: 3/ le départ de Bush aux USA (l’allié de Ra8, ce qui a affaibli celui-ci) et 4/ la venue de Sarkozy (fort et dynamique) qui n’apprécie pas Ra8 et trouvait en Rajoelina une occasion de reprendre la main sur Madagascar.

    Toutefois, sans la convergence d’intérêt d’une partie de la pensée hégémonique Merina (incarnée par le catho Rajoelina – ce qui divisa cette pensée politique, donc ce qui induisait sa faiblesse) et la pensée de la cause côtière (Ratsiraka, zafy etc.), 2009 n’aurait pas eu lieu. Si Ra8 n’avait pas divisé la pensée hégémonique Merina pour son appétit insatiable, il n’aurait pas été chassé du pouvoir.

    En 2015, la pensée politique malgache demeure la même qui a été conçue par l’époque coloniale franco-britannique du 16ème siècle.

    Vous venez de le découvrir grâce à l’article.

    Répondre
  2. rakaizer

    qu’est ce que c’est ce que ramassis de bêtises?? une pensée hegemonique merina contre une pensée côtière? en l’an 2015 il y a encore des gens qui pensent de cette façon? Bien sur pour rendre une analyse plus légitime, on peut ajouter un soupçon de franc maçonnerie.

    Une France instrumentalisée? Même le journal Le Monde a établit le lien entre le coup d’Etat de 2009 et l’implication du régime Sarkozy.

    Malgré quelques pistes interessantes dans cet article, le reste ressemble à tous ceux de ces intellectuels éthérés, vociférant à tout bout de champ pour espérer attirer l’attention.

    Répondre

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