vendredi 26 mai, 2017

Talent : Docteur MARINJARA Paul Edhino

Docteur Edhino

Nous savons qu’à Madagascar, beaucoup de nos concitoyens œuvrent, chacun selon les moyens dont ils disposent, pour le développement du pays et de la population. Par conséquent, nous avons toujours considéré comme l’un des fils conducteurs de notre action la promotion et la mise en avant de ces « talents » dont le pays a grandement besoin.

Souvent, ils n’ont que la force de leur conviction, la solidité de leur engagement et leur optimisme à toute épreuve comme « armes » ou comme « outils » de travail, sinon comme seule force génératrice pour les accompagner dans leur tâche quotidienne.

Ces personnes de « conviction » s’engagent corps et âme pour améliorer la société dans laquelle ils vivent, mais hélas, ils sont généralement ignorés des médias, leurs œuvres peu reconnues et leurs efforts peu considérés, tout du moins à leur juste valeur. C’est pourquoi nous pensons qu’il est de notre devoir de donner la parole à ces « bâtisseurs anonymes », à ces « talents » qui, parfois, forcent l’admiration et imposent le respect.

Pour ce premier numéro, nous avons voulu mettre en avant le travail du Docteur Edhino qui exerce dans le petit village de Morafeno situé dans le district de Sambava.
Peu de personnes connaissent l’existence de ce petit village, pourtant il est sorti de l’anonymat grâce au formidable travail et à l’engagement de ce jeune médecin de 32 ans.

1. Présentation du docteur Edhino (CV, parcours scolaire, universitaire et professionnel)

Le docteur MARINJARA Paul Edhino est né le 06 novembre 1982 à Antalaha et est fils d’instituteurs. Il a étudié au sein de l’École Primaire Publique Boulevard Maritime d’Antalaha pendant la 2e République (durant l’époque de la malgachisation de l’enseignement). Ensuite, il a continué ses études au collège d’Enseignement général (CEG) puis au Lycée mixte d’Antalaha jusqu’à l’obtention de son diplôme de Baccalauréat en 1999, avant de rejoindre la Faculté de Médecine de Tananarive.

Depuis le 15 février 2010, il a fini ses études universitaires et devient docteur en médecine générale. Grâce à ses expériences dans les activités sociales et humanitaires acquises au cours de sa vie universitaire, il a été recruté par l’ONG « Médecins du Monde » comme médecin responsable de Santé communautaire dans le cadre du Programme de Gestion de risques et catastrophes à Sambava (du 02 août 2010 au mois de septembre 2013). Puis, lorsque l’occasion d’aller travailler dans le secteur public s’est présentée à lui, il n’a pas hésité à démissionner de son poste (certes plus confortables, en termes d’outil de travail et de rémunérations) au sein de l’ONG, pour rejoindre un poste, plus ingrat, de médecin-chef, au sein du CSB2 (Centre de Santé de Base Niveau II) de Morafeno, un chef-lieu de commune rurale situé dans le district de Sambava.

Depuis qu’il a rejoint ce Centre de santé, le docteur Edhino ne cesse d’œuvrer pour en améliorer le fonctionnement et offrir un service de qualité en faveur de la population locale longtemps abandonnée.

2. Pourriez-vous nous décrire ce qu’est un CSB2 (par rapport aux structures du secteur santé) : défini par rapport au nombre de populations ?

Dans le système de santé malagasy, un CSB est la structure de santé située au niveau périphérique (Commune). Théoriquement, le CSB1 est tenu par un paramédical tandis qu’un CSB2, sis au Chef-lieu d’une commune et occupant un plus grand nombre de populations, devrait être dirigé par un Médecin. Mais à cause du manque de personnel médical, beaucoup de CSB2 sont encore occupés par des infirmiers ou des sages-femmes.

3. Qu’est ce qui vous a poussé à choisir d’aller à Morafeno ? Ou, Est-ce une affectation unilatérale du gouvernement, en tant que fonctionnaire, et non un choix ?

Pour revenir un peu en arrière, le jour où j’ai eu mon doctorat en Médecine, ma première réaction était de vouloir rentrer dans ma région natale afin de pouvoir contribuer à son développement. D’un autre côté, j’ai toujours voulu travailler pour le Pays en tant que fonctionnaire de l’État, mais cela n’a pas encore abouti pour le moment malgré plusieurs demandes.

Entre-temps, j’ai été recruté par l’ONG Médecins du Monde. À chaque entretien d’évaluation annuelle, j’ai toujours dit à ma coordinatrice médicale que je choisirais de quitter l’ONG si l’État faisait appel à moi. En juin 2013, quand le Médecin-Chef de District m’a fait une offre, j’ai directement accepté et j’ai déposé ma démission de chez MdM, tout en étant conscient du fait que mon salaire allait nettement diminuer et que les conditions de travail seraient moins aisées.

4. Parlez-nous un peu de ce projet en partenariat avec l’Unicef ? Quelle en est sa durée ?

En vue contribuer à atteindre les objectifs du volet santé de l’OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), l’Unicef a mis en œuvre en partenariat avec le Ministère de la Santé un programme financé par l’Union Européenne en l’occurrence le PASSOBA-Santé (Programme d’Appui aux Secteurs sociaux de Base-Santé) dans quelques régions de Madagascar. Beaucoup d’activités sont développées, entre autres la réouverture des Centres de Santé de base Publics, par le recrutement d’agents de Santé, le renforcement des compétences des personnels, la dotation en dispositifs médicaux, d’intrants de santé. Tout ceci, principalement, afin de diminuer le taux de mortalité et de morbidité chez les couches vulnérables, d’augmenter toutes les performances au niveau des structures de santé et permettre aux plus démunis de recevoir des soins adéquats. Le programme est censé prendre fin en 2015, mais mon contrat est de un an renouvelable. Il est stipulé dans le contrat que l’Unicef faciliterait l’intégration de l’agent de santé au sein du Ministère de la Santé publique.

5. Quelle a été votre première impression en arrivant à Morafeno, par exemple par rapport à l’état des infrastructures (bâtiment, centre de santé…) ? Ou encore, l’état de la santé de la population : Y-a-t-il, par exemple, des pathologies qui se distinguent – ou plus récurrentes – par rapport à d’autres : la malaria, le paludisme, etc. ?

J’étais très étonné de l’état de délabrement du bâtiment dont la construction avait débuté en 1965 (par la communauté elle-même). Cette infrastructure en bois avec fondation en dur avait été gravement endommagée par un cyclone en 2007 et depuis, rien n’a bougé : une grande partie de la toiture est manquante et les bois – servant de charpente et de murs – pourrissent à cause de l’humidité, et notamment de l’eau de pluie.

La dispensatrice (la personne chargée de s’occuper de la pharmacie de détail du CSB) était mal rétribuée puisqu’avec la crise qui perdurait, la commune n’arrivait plus à lui payer ses indemnités.
L’infirmier de service était seul au poste pendant une dizaine d’années et, cela avait impacté négativement les performances du centre.

J’ai constaté, par exemple, que dans trois fokontany le fait d’uriner du sang chez les enfants est devenu une chose « normale » puisque ces derniers n’en souffrent pas. La bilharziose urinaire est endémique dans ces zones.

Néanmoins, j’ai remarqué la joie et l’espoir des gens, des agents communautaires (AC), du personnel du CSB et des autorités par rapport à ma venue. Ceci a forgé mon enthousiasme à donner encore plus pour contribuer au développement sanitaire de la commune.

6. Concrètement, qu’avez-vous entrepris pour améliorer la situation ? Avez-vous fait appel à des connaissances, à des associations, ou encore, avez-vous demandé à l’État d’intervenir ?

Ma mission première était de montrer à la population qu’avec plus d’implication et d’abnégation et avec une bonne organisation, on pouvait faire quelque chose de grandiose.

Ainsi, un mois après mon installation, on a organisé à Morafeno, avec la Direction régionale de l’Eau et la Direction régionale de l’Éducation nationale, la célébration de la Journée Mondiale du Lavage des Mains avec du Savon. Des proches ont été approchés pour nous aider à le réaliser et l’événement avait été médiatisé dans les médias locaux et nationaux : c’était le début d’une « aventure pleine d’actions menant au développement ».

Pour plus de visibilité, une Page Facebook du CSB2 Morafeno avait été créée, les principales activités y ont été publiées avec photos à l’appui. Au mois de novembre 2013, nous avons élaboré le plan de travail pour l’année suivante après avoir analysé tous les problèmes entravant le développement sanitaire ainsi que les solutions proposées.

7. Qu’est-ce que vous avez amélioré en premier lieu : le bureau, la salle de soin, le mode de fonctionnement, etc. ?

Juste avant mon arrivée, le CoSan (Comité de Santé) avait réparé et remis en marche la salle d’accouchement. On avait plutôt mobilisé la communauté pour l’assainissement du domaine du CSB : des tours de nettoyage et d’aménagement hebdomadaire avec la participation mensuelle de chaque Fokontany. Nous avons également approché l’Association des femmes du fokontany de Morafeno pour tout ce qui attrait à l’entretien des plantes dans le domaine : promouvoir l’appropriation, et la pérennisation… Deux activités génératrices de revenus ont été programmées dans l’année dans le but de trouver des fonds pour un éventuel « apport bénéficiaire » pour la reconstruction en béton – donc en dur – du CSB, l’avant-projet sommaire étant élaboré avec la Commune.

Pour ce qui est du fonctionnement, on a réorganisé le travail par une distribution de tâches bien concertée. Je n’avais imposé qu’une seule chose : 24h sur 24, il doit y avoir un personnel de santé dans la Commune (soit lui, soit moi). La dispensatrice s’occupe des rangements et du nettoyage dans le bâtiment.

8. Quelles sont les actions génératrices de revenus que vous avez déjà entreprises jusqu’alors pour refluer les caisses du CSB: tombola (pourquoi ?), tuer des zébus (qui sont les mécènes et pour quelle raison ?) ; qui sont vos partenaires ?

Dans le plan de travail annuel que nous avons établi avec le CoSan et la Commission communale de Développement de la Santé (CCDS) dont le Maire est le Président, nous avons programmé deux dates pour les activités lucratives dans le but de recueillir les fonds pour un éventuel « apport bénéficiaire » au cas où nous arriverions à trouver des partenaires pour la reconstruction.

Au mois de juin, nous avons organisé une grande tombola couplée avec un événement de sensibilisation sur la lutte contre la défécation à l’air libre, dont la réalisation a été le fruit du développement de partenariats intersectoriels et dans le cadre du 4P (Partenariat Public Privé Population). Je cite entre autres les médias publics et privés, le Chef de Région, les Services étatiques (Santé, Eau, Jeunesse, finance et budget, Population, militaire…), des Associations, des sociétés commerciales (téléphonie, magasin de sport, microfinance), des particuliers approchés et acquis à la cause ainsi que la communauté par la construction de hangar, l’apport logistique et la participation au concours de chants folkloriques.

Comme nous avions prévu une forte affluence, le jour du tirage de la tombola, il y a eu un lancement de feux d’artifice. Et pour donner plus d’importance à l’événement, un zébu a été immolé. C’est le Chef de Région qui a répondu à notre doléance quant à la fourniture de cet animal. À l’issue de cette organisation, on avait pu récolter 4 530 000 d’Ariary.

La deuxième activité lucrative, avec moins de partenaires, mais plus de participation de la communauté, était l’organisation d’un grand concert donné par un ami artiste dont la recette se chiffrait à 3 140 700 Ar.

Récemment, l’UNICEF nous a alloué 3 700 000 Ar pour l’entretien imminent du CSB. Les travaux devraient s’achever fin octobre 2014. Mais ces travaux ne nous ont pas empêchés de faire des tractations pour une nouvelle construction d’un bâtiment « en dur » capable de résister aux cyclones.

9. Le président de Médecin du Monde est déjà venu à Sambava. Quelles ont été vos impressions, et qu’est-ce qui vous a marqué lors de ce passage ? Avez-vous gardé un contact avec cette ONG ?

D’abord, je voudrais en profiter pour dire que j’ai pu acquérir beaucoup de connaissances et de compétences avec MdM, j’en suis reconnaissant.

Le passage du Président de ce grand organisme humanitaire internationalement connu m’a beaucoup marqué parce que j’ai pu m’entretenir avec lui. Nous avons eu l’occasion de parler de l’Association, de l’actualité humanitaire mondiale, de notre travail respectif, des perspectives d’avenir. Il m’a personnellement donné beaucoup de conseils pour renforcer mes expériences en santé communautaire. Évidemment, actuellement, je suis l’évolution des activités de Médecins du Monde et j’ai pu garder des contacts avec l’ONG.

10. Depuis votre arrivée à Morafeno, pouvez-vous citer des résultats concrets du changement pour le secteur santé et pour la population ?

Le résultat est satisfaisant puisqu’en un an, les indicateurs de performance ont augmenté de 1OO% sauf pour le taux d’accouchement assisté au Centre. Ces indicateurs sont le taux d’utilisation de la consultation externe, le taux de couverture en vaccination de routine, le taux d’utilisation de la planification familiale, le rythme de commande des médicaments de la pharmacie, la prise en charge des démunis et la consultation prénatale.

Le Comité de Santé est fonctionnel et motivé ; la population est apparemment satisfaite du fait qu’il y a toujours au moins un agent de santé au Centre.

Enfin, une structure appelée « case de santé » est mise en place dans un fokontany situé à 10 km du CSB en accord avec les autorités du district sanitaire. Un agent de santé a été recruté par la communauté, ce dernier est techniquement sous mon égide ; sa présence à proximité des villageois situés loin du Centre permet d’améliorer les performances du secteur sanitaire puisque ses rapports d’activités sont mensuellement intégrés à ceux du CSB.

11. Quels sont les problèmes (d’ordre fonctionnel) que vous voudriez régler, mais que vous n’arrivez pas encore à faire pour mieux accomplir votre mission ?

Apparemment, on est sur la bonne voie, mais il y a toujours des « goulots d’étranglement » qui rendent difficile le travail. Je prends un exemple : le taux d’accouchement assisté au CSB a toujours été bas, ceci est dû en grande partie au fait qu’on est seulement deux hommes (l’infirmier et moi même) qui travaillons au Centre alors que dans chaque fokontany, à proximité des parturientes, il y a toujours des matrones expérimentées et très reconnues par la population. Comme le fait de doter de sage-femme au CSB revient à l’État, nous ne savons pas quand cela arrivera. On a donc pris une décision : les matrones sont invitées à venir accompagner les femmes. Et, on attend les résultats !

Il y a aussi, comme exemple, la vente illicite de médicaments par les marchands ambulants. Les médicaments ne respectent pas les normes requises et ces gens n’ont pas l’autorisation de faire ce commerce ; alors qu’au niveau des fokontany éloignés du CSB, les gens reconnaissent cette pratique.

Dans la Commune, il n’y a pas d’autres officines à part celle du dispensaire ; si bien qu’on a du mal à trouver des mesures d’accompagnements pour pallier à l’éventuel manque de médicaments dans ces fokontany où les gens viennent rarement au CSB à cause de la distance. Certes, ponctuellement, on y fait des consultations foraines, mais la fréquence reste encore faible.

12. Qu’attendez-vous des élus locaux ?

Nous appuyer à faciliter toutes les activités de développement du secteur santé. J’essaie d’avoir de fréquentes réunions avec le Maire et les Chefs Fokontany et faire en sorte de les familiariser avec la Politique nationale de Santé communautaire puisqu’ils y jouent normalement un rôle important et ce document nous sert de guide pour faciliter sa mise en œuvre.

13. Quels sont vos passe-temps, vos occupations extraprofessionnelles (sport ? Lecture ? chanson, voyage, etc. ?)

J’écoute beaucoup la radio, le journal et les reportages en particulier ; j’aime les films documentaires sur les personnalités et événements historiques. Je raffole des séries télé d’investigations scientifiques et sur le profilage psychologique. L’art plastique et surtout le surréalisme m’impressionnent, Mon peintre préféré est Salvador Dali. Actuellement, j’ai une ligne de vêtement dont le dessin, très panafricaniste, s’inspire du mouvement surréaliste. Côté musique, j’aime le reggae et la culture rasta. Je pratique le foot, je suis membre de la ligue de Basket-ball de la région SAVA. Bref, ce ne sont pas les passe-temps qui manquent.

14. Êtes-vous tenté par la politique (au sens de briguer un mandat ?)

Tenté n’est peut-être pas le mot approprié. Depuis une dizaine d’années, je me suis toujours intéressé à la vie politique, économique et sociale du Pays. J’y ai même participé activement à travers les chansons que j’avais écrites et interprétées quand j’étais à l’Université. Je fais déjà ma politique au sens noble du terme en faisant tout cela, en menant mes activités à Morafeno et en répondant à cette interview. Mais adhérer à un parti politique quelconque, je n’y pense pas. Pas encore…

15. Votre dernier mot : sur la santé rurale, les moyens dont vous auriez aimé disposer, ce que vous attendez des autres acteurs (associations, État, connaissances, etc.) pour pouvoir améliorer vos actions.

Tellement la pauvreté est grande que la santé n’est pas la priorité des gens. Il y a aussi la nature qui fait que les plantes médicinales sont à portée de mains, de telle sorte que l’automédication prend encore de l’ampleur. « L’éducation pour la santé » serait le meilleur recours pour améliorer l’attitude des gens face aux problèmes de santé ; les Agents Communautaires devront être les premiers acteurs dans chaque village pour que cette « éducation pour la santé » soit correctement mise en œuvre.

Pour les appuyer, des réunions périodiques sont programmées. Ces ateliers et séances de sensibilisations nécessitent, pourtant, des moyens financiers et matériels. De l’autre côté, la Commune devrait être appuyée pour améliorer les infrastructures sanitaires indispensables. De notre côté, nous ferons en sorte que notre CSB soit facilement accessible, que ce soit via la page Facebook du CSB2 Morafeno ou par téléphone.

L’année 2015 sera un grand rendez-vous au niveau mondial pour l’atteinte de l’OMD ; nous serons parmi ceux qui vont travailler dur pour cette dernière ligne droite. Il y a aussi la célébration du demi-centenaire du CSB. Nous en profiterons pour mettre en avant, à chaque manifestation, la santé mère-enfant, plus particulièrement la vaccination.

16. Pour finir, pouvez-vous nous faire part de vos citations favorites ?

« Fais ce que tu aimes, aime ce que tu fais. »
« Problème tsy lany, solution misy fao » (littéralement : « Les problèmes sont – certes – inépuisables, (cependant) il y a toujours des solutions ».

Crédit photo : UNICEF

A propos de l'auteur

Parfois freelance, souvent autodidacte, résolument indépendant, je suis passionné par les relations humaines, la politique et les nouvelles technologies que je conçois comme un outil et un vecteur d'émancipation.

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